L’individu au sein du collectif

L’article que je vous propose ici a été rédigé dans le cadre de l’évènement À la croisée des blogs sur le thème la relation à l’Autre : besoin ou envie, organisé ce mois-ci par Théo du blog Acteur de sa vie.  Cliquez ici pour en savoir plus sur Pulse’Coaching.

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On relie souvent la montée de l’individualisme à celle du libéralisme. Une chose est sûre, la fin des années 60 a clairement vu l’individu prendre le dessus sur le groupe. Dans ce contexte, qu’en est-il du Collectif et comment le lien de l’individu à ce collectif a-t-il évolué?

La relation au groupe : un besoin de protection, d’interaction et d’intégration

L’individu n’aurait pas persévéré à vivre en société en dépit des tensions qu’il y crée si cela ne répondait pas à un profond besoin chez lui. Je vois derrière notre bon vieil instinct grégaire 3 besoins : protection, interaction et intégration.

hands-598145_1280Le besoin de protection

L’Homme est trop vulnérable pour vivre seul et la vie en société répond ainsi à l’un des besoins primaires de l’être humain : son besoin de protection.

Le groupe nous apporte la sécurité et les ressources nécessaires à notre survie. En échange, il attend de l’individu qu’il participe à son tour à protéger les autres et contribue à l’effort de construction. La bonne vieille logique du gagnant-gagnant : aidons-nous mutuellement car nous sommes plus forts ensemble.

Le besoin d’interaction

Sans interaction avec ses semblables, il y a fort à parier que l’individu ne se développe pas beaucoup et ressemble davantage à un animal qu’à un homme.

Le groupe c’est l’opportunité d’interagir, de réfléchir et d’apprendre, via l’éducation parentale, le système éducatif scolaire, mais plus largement la société puisque toute interaction avec les autres représente une expérience et un apprentissage.

L’explosion d’internet n’a fait que démultiplier nos opportunités d’interactions et celle des outils mobiles, notre dépendance à ces interactions. Bien sûr, les plus jeunes étant toujours plus malléables et plus adaptables, les générations Y et Z montrent le plus fort besoin de rester connectés aux autres.

Il est intéressant de noter que le type d’interactions a muté pour devenir virtuel, distant, massif et permanent, là où il était pour nos ancêtres réel, proche, et limité dans l’espace et dans le temps.

Le besoin d’intégration

L’individu a besoin de faire partie d’un tout : une famille, une tribu, un groupe. Seul, il dépérit.

Bonnes notes, liens amicaux ou amoureux, recrutement, salaire, statut social, titres, et depuis internet : « Like », « Re-tweet », et « Share », sont autant de critères de réussite et d’intégration qui positionnent l’individu dans le Collectif.

Son intégration au groupe est un pilier majeur dans la construction de l‘individu mais elle constitue parfois le premier drame des jeunes : la lutte pour se faire accepter.

Enfant ou adolescent, on s’aime avant tout à travers le regard de l’autre. Idéalement il ne devrait s’agir que d’une étape du développement de l’individu, permettant d’intégrer les codes et règles à respecter pour vivre harmonieusement en société mais bien souvent persiste un besoin de reconnaissance et d’approbation du groupe pour l’individu, la notion de succès étant liée au statut social et au regard de l’autre.

Toutefois, aussi fort que soit son besoin d’intégration, l’individu dans sa complexité est déchiré entre un besoin de vie en communauté et un désir de revendiquer son individualité.

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Une relation en probation, sujette aux revendications de liberté, de sens et d’identité individuelle

« La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » : j’ai intégré un certain nombre de codes pour satisfaire la société, mais ma priorité reste de satisfaire mes intérêts et objectifs personnels… Le Collectif reste important mais je suis et demeure libre de lui accorder une attention à la hauteur de mon intérêt et de mon envie. Je sélectionne mes relations et je m’investis à hauteur de ce que je suis prêt à y mettre, de ce que j’en retire, ou de mon envie.

L’envie d’exister et d’expérimenter librement

Ces 50 dernières années ont marqué le véritable essor de l’individualité, dont les générations dites Y et Z sont emblématiques. « J’existe, donc je suis libre » pour plagier Descartes. Etre, penser, choisir et agir librement : voici les piliers de l’Homme du 21ème siècle.

Autrefois, le groupe était la priorité. Suivre un modèle donné et un cadre était rassurant même si limitant. Aujourd’hui, je choisis d’appartenir au groupe et je choisis le groupe auquel je souhaite appartenir. Ma priorité en tant qu’individu est avant tout trouver ma voie, coûte que coûte !

L’envie d’être reconnu comme un être unique

L’homme occidental est préoccupé par des questions « de riche ». Ses besoins primaires (sécurité physique et besoins vitaux) étant satisfaits, ses priorités sont devenues plus matérielles, intellectuelles et spirituelles.

Etre libre c’est bien mais je veux aussi être reconnu, considéré et apprécié par le groupe comme un être unique, et tel que je suis. L’individu ne se plie plus au groupe, mais c’est au groupe de prendre l’individu en compte pour survivre et continuer à fédérer les individus.

Le terrain le plus marqué par cette évolution : l’entreprise, qui ne sait plus comment garder et motiver ses plus jeunes collaborateurs dans un système classique, inadapté à leurs attentes personnelles. « Rentrer dans le moule » n’est plus d’actualité et ne fait pas rêver. Je suis unique et je souhaite apporter quelque chose de personnel, quelque chose qui me ressemble.

L’envie de s’accomplir

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Le rêve n’est plus de gravir les échelons mais bien de s’accomplir. Je suis libre, je suis différent, et j’ai une voie à créer qui m’est propre.

Cette quête de sens marque une évolution structurelle de la société dans sa globalité. Donner un sens à sa vie, créer un projet en lien avec ses valeurs sont aujourd’hui des envies largement partagés et impactent directement la façon dont nous appréhendons la relation aux autres.

Le regard que je porte sur l’autre et notre relation est directement lié à mon système de valeurs. Je ne choisis plus un travail simplement pour des raisons alimentaires (surtout quand j’ai moins de 35 ans). Je décide de rejoindre des hommes, un projet, et un environnement spécifiques auxquels j’adhère.

L’enjeu croissant des entreprises dans ce contexte est de donner envie à des candidats de les rejoindre, de rester et surtout, de s’engager pour leur entreprise.

Une mission commune : apprendre à vivre ensemble

La relation à l’autre est-elle un besoin ? Bien sûr : le besoin de se protéger, d’interagir, d’apprendre et de construire un projet de « vivre ensemble » appelé société.

La relation à l’autre répond-elle à une envie ? Bien heureusement ! La quête de sens qui marque nos dernières générations et la société dans son ensemble signale une volonté de reconstruire un projet collectif qui soit davantage porteur de sens, connecté, moderne, et donc intelligent.

D’après la théorie des spirales dynamiques, que certains connaissent peut-être déjà, l’évolution de l’Homme est marquée par des stades d’évolution, qui donnent tantôt la priorité à l’individu ou au Collectif et sont à chaque fois porteur d’une valeur différente des stades précédents. Le stade actuel des sociétés occidentales est, sans surprise, porté sur l’individu et le matérialisme.

29301524_blogCependant les questionnements structurels de nos sociétés occidentales laissent fortement présager qu’elles sont prêtes à passer au stade suivant. Une nouvelle ère s’amorce progressivement mais sûrement, annonçant un renouveau du Collectif, mais un Collectif différent de ceux que nous avons précédemment connus : plus connecté, plus écologique, plus conscient et osons le dire, plus intelligent.

Pour finir sur un angle de vue plus métaphysique, la relation à l’autre est avant tout un fait et une composante de notre condition d’être humain. Par-delà le besoin ou l’envie, quoi que nous fassions, un lien restera toujours : celui de partager notre condition humaine – un lien que je vois comme vecteur de paix et d’unité.

En attendant d’atteindre cette unité, il est de notre responsabilité à chacun de savoir agir en qualité d’être humain, avec respect, bienveillance et discernement au quotidien.

En conclusion ?

Krishnamurti

Comme l’a si bien dit Krishnamurti :

« L’art de vivre, c’est la relation ; sans relation il n’est pas de vie. »

 

Les relations aux autres ne sont jamais faciles, pas toujours plaisantes, définitivement pas assez pacifiques.

Mais elles s’avèrent aussi de bien belles surprises, riches d’enseignement, et parfois tellement géniales !

Alors accrochons-nous et faisons simplement de notre mieux !

Make it happen!

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